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Pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la construction résidentielle au Québec 

Le temps n'est plus à la réflexion, il faut maintenant passer à l'action 

MONTRÉAL, le 29 janvier 2020

Il y a un an jour pour jour, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) dévoilait un sondage exclusif sur l'ampleur des dommages de la pénurie de main-d'œuvre pour les entreprises du secteur de la construction résidentielle au Québec. L'Association, qui a mené un nouveau sondage auprès des entrepreneurs, dresse aujourd'hui un portrait encore plus sombre des impacts de la pénurie de main-d'œuvre sur leur réalité quotidienne. Un an plus tard, alors que la moitié (53 %) des entrepreneurs en construction jugent que la situation s'est encore détériorée, l'Association n'entrevoit malheureusement pas l'ombre d'un changement à court terme. L'APCHQ demande au ministre du Travail d'intervenir, s'il le faut, pour que des solutions soient véritablement et rapidement apportées à ce grave problème. Le temps presse.

« À l'heure actuelle, il nous est impossible d'envisager de vivre une autre saison de construction sous l'égide de la pénurie de main-d'œuvre. Le secteur de l'habitation représente 7 % du PIB du Québec, et il est régi, en partie, par un cadre légal distinct et complexe. Voilà pourquoi l'APCHQ interpelle le gouvernement afin qu'il envisage rapidement des changements réglementaires tangibles », commente François Bernier, vice-président principal Affaires publiques à l'APCHQ.

L'industrie est pessimiste par rapport à l'évolution de la situation

L'analyse des données du sondage, réalisé à l'automne dernier, indique que 57 % des employeurs du secteur résidentiel jugent que la situation va continuer de se détériorer au cours des deux prochaines années, et 30 % considèrent que rien ne va changer. 

Les données du sondage révèlent qu'à l'heure actuelle, les effets de la pénurie de main-d'œuvre sont encore tangibles et multiples : 
  • Sur le plan personnel, 81 % des dirigeants ont augmenté leurs propres heures de travail au chantier, une augmentation de 3 % par rapport au sondage de l'année dernière. 

  • Pour 78 % des répondants, la croissance de l'entreprise est encore affectée. 

  • Une proportion de 78 % d'entrepreneurs considère que la productivité organisationnelle est aussi touchée. 

  • 78 % des entreprises éprouvent encore des difficultés à respecter les délais consentis pour les travaux. 

  • Dans 78 % des cas, le manque de main-d'œuvre se traduit par un problème de rentabilité. 
« Les résultats sont éloquents : rien n'a changé depuis le 29 janvier 2019! La pénurie de main-d'œuvre demeure un frein pour la croissance économique de l'industrie de la construction et la productivité de ses entreprises », souligne monsieur Bernier.

Des solutions concrètes et réalistes à portée de main 

Les résultats du présent sondage soulèvent des pistes de solution envisageables. Parmi celles-ci, on retrouve de nouveau l'ajustement du ratio de compagnons et d'apprentis, la réalisation de tâches connexes à celles de son métier et l'assouplissement des barrières freinant la mobilité de la main-d'œuvre entre les régions lors de situations liées aux catastrophes naturelles. 

L'APCHQ avait, à l'issue du premier sondage, déjà évalué la mise en place de ces mesures qui pourraient permettre d'atténuer l'impact de la pénurie de main-d'œuvre chez les entrepreneurs du secteur résidentiel. L'Association avait d'ailleurs déposé un mémoire auprès de la Commission de la construction du Québec (CCQ) et du cabinet du ministre du Travail en février 2019, ainsi qu'un deuxième mémoire l'été dernier concernant les tâches connexes.

« Il y a près d'un an, nous avons présenté un total de six recommandations qui pouvaient faire l'objet d'une implantation rapide. Nos solutions se voulaient et se veulent encore à ce jour concrètes et réalistes. Elles tiennent compte de la législation et de la réglementation actuelle ainsi que des capacités logistiques de la CCQ, le tout dans un souci constant de contrôle des coûts et d'acceptabilité potentielle par une majorité d'acteurs œuvrant dans l'industrie », conclut François Bernier.

Face à cette problématique qui ne cesse de prendre de l'ampleur, tous les acteurs de l'industrie de la construction doivent prêter main-forte de façon à éviter, autant que possible, un ralentissement économique tributaire du recul de l'activité sur les chantiers. L'APCHQ offre son entière collaboration au gouvernement et aux partenaires de l'industrie pour mettre en place des propositions viables et applicables à court terme.  
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